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Vous venez d’apprendre que vous avez un cancer de l’ovaire. Le diagnostic vous a été confirmé par votre médecin et vous vous posez beaucoup de questions sur cette maladie et les traitements qui vont vous être proposés.
Ce document a pour but de vous apporter des informations médicales et de vous accompagner dans la prise en charge de votre maladie. Il n’a pas valeur d’avis médical puisque votre situation est unique et connue de vous seul et des médecins qui vous suivent. Il a pour vocation de compléter ou enrichir les explications de votre médecin et des membres votre équipe soignante qui restent vos interlocuteurs privilégiés.

  • Qu’est ce que le cancer de l’ovaire?

    Les ovaires, au nombre de 2,  sont des organes de la femme et sont situés dans le bas du ventre, appelé le pelvis ou le bassin, de chaque côté de l’utérus. Ils font partie de l’appareil reproducteur de la femme, avec pour fonction principale la production des ovules et d’hormones impliquées dans la régulation de la reproduction et le développement des caractères sexuels.

    Les ovaires sont constitués de 3 différents types de cellules :

    • les cellules épithéliales, qui forment la couche externe des ovaires ;
    • les follicules ovariens (cellules germinales), situés sous les cellules épithéliales et à partir desquels les ovules sont fabriqués ;
    • les cellules du stroma, un tissu conjonctif qui remplit l’intérieur des ovaires et les cordons sexuels, qui font le lien entre le corps de l’ovaire et la surface épithéliale.

    Dans la majorité des cas, environ 9 fois sur 10, le cancer de l’ovaire se développe à partir des cellules épithéliales.

  • Quels sont les symptômes du cancer de l’ovaire?

    Le cancer de l’ovaire provoque souvent peu de symptômes. Il est souvent diagnostiqué de façon tardive, lorsque la tumeur est déjà volumineuse ou que des cellules cancéreuses se sont propagées dans le bassin ou l’abdomen.

    Néanmoins, certains symptômes peuvent alerter :

    • une augmentation du volume abdominal;
    • une constipation d’apparition récent et/ou persistante;
    • des douleurs abdominales, parfois irradiant vers le dos;
    • des envies fréquentes d’aller uriner, comme dans les cas d’infections urinaires;
    • une diminution de l’état général, une fatigue persistante, une perte de poids inexpliqué;
    • rarement des pertes de sang par le vagin.
  • Comment détecter le cancer de l’ovaire ?

    Le diagnostic du cancer de l’ovaire est le plus souvent apporté par les examens radiologiques.

    Les examens les plus fréquemment utilisés permettant, en général, de visualiser la tumeur et d’apprécier l’extension du cancer aux organes de voisinage ou à distance:

    • l’échographie pelvienne
    • le scanner thoraco abdomino pelvien.

    L’IRM pelvienne est également un examen précieux. Elle peut permettre d’avoir des éléments plus précis sur les rapports anatomiques entre la tumeur et les organes du bassin.

    Le CA 125 est un marqueur tumoral qui se dose sur une prise de sang. Il n’est pas spécifique du cancer de l’ovaire et peut être augmenté dans d’autres types de cancer comme le cancer du sein, de l’utérus ou du colon.

    Il ne doit pas être utilisé en dépistage et n’a pas de valeur de gravité de la maladie. Il est parfois utile pour évaluer l’efficacité des traitements, notamment lorsqu’il est élevé au moment du diagnostic.

    Dans certains cas, notamment si le diagnostic est fait avant l’âge de 60 ans et/ou qu’il existe un antécédent familial de cancer du sein, de l’ovaire ou de l’utérus, une recherche de mutation de BRCA 1 et 2 pourra être proposée.

    Lorsque le cancer est diagnostiqué, et que le bilan est effectué, on le classe dans un des 4 stades suivants :

    Stade I Stade II Stade III Stade IV
    le cancer est limité aux ovaires le cancer s’est étendu localement, aux organes du bassin comme l’utérus, les trompes de Fallope, la vessie etc… le cancer s’est étendu au péritoine ou aux ganglions lymphatiques situés dans le bassin (ganglions pelviens) le cancer s’est propagé vers des organes éloignés comme par exemple la plèvre (enveloppe des poumons) ou le foie sous forme de métastases à distance.

    Le ou les traitements qui seront proposés dépendront du stade de la maladie au moment du diagnostic.

  • Quels sont les traitements possibles du cancer de l’ovaire ?

    La chirurgie est le traitement principal du cancer de l’ovaire. Elle peut être le seul traitement nécessaire si le cancer est détecté à un stade précoce.Une chimiothérapie est souvent administrée après la chirurgie, pour éliminer d’éventuelles cellules cancéreuses restantes et réduire le risque de récidive. La chimiothérapie peut également être réalisée avant la chirurgie, pour réduire la taille de la tumeur et faciliter l’opération.

    Lorsque le cancer est découvert à un stade très avancé, la chimiothérapie peut être le seul traitement utilisé.

    Le choix des traitements est réalisé en fonction du stade et du grade du cancer, c’est-à-dire de son étendue et de son degré d’agressivité.

    Il est adapté à votre situation personnelle. Il dépend en 1er lieu de vous : votre âge, vos antécédents médicaux et chirurgicaux, votre état de santé global, ainsi que votre avis et vos préférences. Il dépend ensuite des caractéristiques du cancer dont vous êtes atteints, l’endroit où il est situé, son type et son stade ou son degré d’extension.

    • Le choix de vos traitements fait l’objet d’une concertation pluridisciplinaire

    Le choix du traitement qui vous sera proposé aura été discuté au cours d’une réunion qui rassemble plusieurs spécialités médicales (gynécologue, chirurgien, oncologue médical, anatomopathologiste, radiologue…) et que l’on appelle Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP).

    • Le choix de vos traitements est discuté avec vous : consultation d’annonce

    La décision prise en RCP vous sera expliquée dans les détails lors d’une consultation spécifique, appelée consultation d’annonce. Lors de cette consultation, le médecin qui vous prend en charge vous explique les caractéristiques de votre maladie, les traitements proposés, les bénéfices attendus et les effets secondaires possibles.

    Cette consultation est importante. Il peut être utile de vous y faire accompagner par l’un de vos proches. Prenez le temps de vous assurer que vous avez bien compris et n’hésitez pas à poser toutes vos questions.

    Après avoir donné votre accord sur la proposition de traitement, ses modalités sont décrites dans un document appelé Programme Personnalisé de Soins (PPS). Ce document comporte les dates de vos différents traitements, leur durée, ainsi que les coordonnées des différents membres de l’équipe soignante. Le programme peut évoluer au fur et à mesure de votre prise en charge en fonction de votre état de santé et de vos réactions aux traitements.

    Après cette consultation avec le médecin, une consultation avec un autre membre de l’équipe soignante, le plus souvent une infirmière, vous est proposée, à vous et à vos proches. Vous pouvez ainsi revenir sur les informations qui vous ont été données par le médecin, vous les faire expliquer à nouveau, poser d’autres questions. L’infirmière évalue aussi vos besoins en soins et soutiens complémentaires (sur le plan social ou psychologique par exemple) et vous oriente si besoin vers les professionnels concernés.

    • LA CHIRURGIE

    C’est le traitement principal du cancer de l’ovaire. Elle a pour objectif d’enlever toute lésion cancéreuse visible c’est à dire de retirer la totalité de la tumeur ainsi que ses éventuelles extensions aux organes voisins.

    À un stade précoce, lorsque le cancer est limité aux ovaires, la chirurgie comprend au minimum une ablation des deux ovaires, de l’utérus et des trompes de Fallope. C’est ce qu’on appelle une hystérectomie totale avec annexectomie bilatérale. Le chirurgien prélève également un ensemble de tissus vers lesquels les cellules cancéreuses ont tendance à migrer, comme des échantillons du péritoine, des ganglions ou l’épiploon.

    Si le cancer est à un stade plus avancé et a atteint d’autres organes de l’abdomen, notamment des organes digestifs comme le côlon ou le rectum, ceux-ci sont également retirés lors de l’intervention.    Par conséquent, l’opération doit être réalisée par un chirurgien ou une équipe de chirurgiens habitués à réaliser ce type d’intervention.

    • LA CHIMIOTHERAPIE

    La chimiothérapie est un traitement général qui agit dans l’ensemble du corps. Ella a pour objectif de détruire les cellules cancéreuses quelle que soit leur localisation, même si elles sont isolées et n’ont pas été détectées lors du diagnostic :

    • Elle est réalisée par un médecin spécialiste appelé oncologue médical, dans un établissement qui dispose d’une autorisation de pratiquer des chimiothérapie;
    • Elle est indiquée lorsque le cancer est étendu et/ou agressif;
    • Elle est indiquée après la chirurgie pour réduire les risques de récidives du cancer quand le chirurgien a pu retirer la totalité de la tumeur.

    Elle peut être proposée avant la chirurgie afin de réduire la taille de la tumeur et de ses extensions. Elle peut également être le seul traitement du cancer de l’ovaire si aucune opération n’est possible.

    • Il existe de nombreux médicaments de chimiothérapie.

    Le plus souvent, le « protocole » de chimiothérapie associe plusieurs médicaments de chimiothérapie. Les médicaments les plus utilisés en 1èreintention associent un sel de platine (comme le Carboplatine) et un taxane (comme le Paclitaxel).

    • Dans certains cas la chimiothérapie peut être administrée par voie intra péritonéale.

    La chimiothérapie est directement administrée dans la cavité péritonéale, au contact des organes abdominaux.

    • Après avoir retiré toutes les parties visibles de la tumeur par chirurgie, le chirurgien injecte la chimiothérapie la chimiothérapie qui s’attaque directement aux foyers cancéreux avec lesquels ils sont en contact.

    Cette technique ne peut être réalisée que par un chirurgien habitué à réaliser ce type de traitement et est réservée à certains cas, en général lorsque toute la tumeur visible a pu être enlevée ou si les parties restantes après la chirurgie sont inférieures à un centimètre.

    • Les anti PARPs

    L’olaparib est le premier inhibiteur de PARP à avoir obtenu une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) européenne. Il est destiné aux patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire et porteuses d’une mutation BRCA.

  • La prévention du cancer de l’ovaire

    Il n’existe pas de recommandations pour éviter d’avoir un cancer de l’ovaire mais il existe des facteurs de risque connus :

    • Les femmes, ayant eu leurs premières règles avant l’âge de 12 ans ou leur ménopause après 52 ans, présentent un risque légèrement augmenté en raison d’un nombre accru de cycles menstruels.

    A l’inverse, l’hystérectomie (ablation de l’utérus) et la ligature des trompes après des grossesses semblent être des facteurs réducteurs de risque en diminuant le nombre de cycles menstruels.

    Il semble en effet y avoir une relation entre le nombre de cycles menstruels et le risque de développer un cancer de l’ovaire. L’hypothèse du lien entre le nombre d’ovulations et le risque de développer un cancer de l’ovaire serait lié au fait qu’à chaque ovulation l’épithélium de l’ovaire est rompu pour permettre la migration de l’ovule. Ce processus de rupture suivi de cicatrisation répétitive favoriserait la survenue d’un cancer.

    • Les traitements de l’infertilité et notamment l’utilisation répétée de stimulateurs de l’ovulation serait un facteur de risque de développer un cancer de l’ovaire. Cette hypothèse reste cependant controversée;
    • Les maladies inflammatoires pelviennes comme les salpingites seraient également associées à une augmentation du risque de cancer de l’ovaire et de tumeurs à faible risque de malignité;
    • Le tabagisme, le surpoids et l’obésité sont également des facteurs de risque de cancer de l’ovaire;
    • Au contraire, les contraceptifs oraux (pilule), la grossesse (chaque grossesse diminuerait le risque de cancer de l’ovaire de 10%) et l’allaitement diminueraient le risque de développer un cancer de l’ovaire;
    • Dans 5 à 10% des cas, il existe une prédisposition génétique au cancer de l’ovaire.

    Dans ce cas la maladie survient souvent plus tôt, en général avant l’âge de 50 ans.

    Le syndrome de prédisposition génétique le plus connu correspond aux formes héréditaires de cancers du sein et de l’ovaire associées à une mutation constitutionnelle des gènes BRCA1 ou BRCA2 (BRC = BRreast Cancer).

    Environ 2 femmes sur 1 000 sont concernées par une mutation de ces gènes. Ces femmes ont un risque accru de présenter un cancer du sein, de l’ovaire et des deux localisations à la fois. Le risque est beaucoup plus élevé en cas de mutation du gène BRCA1.

    Une patiente présentant une mutation du gène BRCA1 à un risque d’environ 40 % de développer un cancer de l’ovaire vers 50 ans. Dans le cas d’une mutation BRCA2, le risque est plus faible, de l’ordre de 10 % et la maladie apparait vers 55 ans.

    Dans la plupart des cas, le risque peut être détecté par des tests génétiques qui peuvent être prescrits lors d’une consultation d’oncogénétique.

    Celle-ci doit être proposée de manière systématique en cas de :

    • Cancer de l’ovaire et du sein chez une même femme quels que soient la chronologie et l’âge aux diagnostics.
    • Cancer de l’ovaire chez une femme de moins de 60 ans
    • Cancer de l’ovaire chez une femme dont une parente au 1er degré (ou 2ème degré s’il s’agit d’un homme) st atteint d’un cancer du sein ou de l’ovaire quelque soit l’âge au diagnostic.

    A ce jour, il n’existe aucun programme de dépistage organisé du cancer de l’ovaire. Cependant toutes les femmes doivent avoir un examen gynécologique annuel.

    En cas d’antécédent familial de 2 cas ou plus de cancer au 1er degré, une consultation d’oncogénétique sera proposée. En cas de syndrome de cancer héréditaire connu, une surveillance annuelle sera proposée. A partir de l’âge de 35 ans, une échographie pelvienne et un dosage du marqueur CA 125 pourront être réalisée tous les ans. Dans certains cas, une ovariectomie prophylactique est proposée, en général vers l’âge de 50 ans en cas de mutation de BRCA2 (45 ans en cas d’antécédent familial de cancer) ou au plus tard à l’âge de 40 ans en cas de mutation de BRCA 1 (35 ans en cas d’antécédent familial de cancer). Cette intervention élimine le risque de cancer de l’ovaire et réduit le risque de cancer du sein de 50 %.

    Chez les femmes ne présentant pas de risque héréditaire, certaines pratiques seraient bénéfiques dans le risque de développer un cancer de l’ovaire :

    • Un régime riche en légumes (particulièrement en tomates et carottes), en fibres et en fruits. Les vitamines A, C, de D et E, la volaille et le poisson, l’huile d’olive, le calcium, les phytœstrogènes contenus dans les céréales complètes, les légumineuses, les haricots et le soja, les huiles ou les corps gras riches en oméga 3 auraient également un rôle bénéfique;
    • Une lutte contre la prise de poids;
    • La pratique régulière d’une activité physique;
    • La limitation dans le temps du traitement substitutif de la ménopause (THS).